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ANAVAD UÂDIL AQVAYLI
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA
G—P—K
14 juin 2001 : L’émergence de la nation kabyle
Le 14 juin 2001, la Kabylie avait mobilisé ses enfants pour manifester à Alger. La marche est restée historique autant par son ampleur que par ses retombées. Ce jour-là, toutes les estimations s’accordaient à dire qu’il y avait, au moins deux millions de personnes dans les rues de la capitale algérienne, soit 20% de la population kabyle. Les marcheurs avaient répondu à l’appel d’un double devoir :
1) -Dire « NON » au « pouvoir assassin » qui venait d’abattre près d’une centaine de nos enfants refusant de se plier à son dictat et à son racisme antikabyle. En ce jour de mémoire, le GPK leur rend hommage et s’incline devant leur courage et leur sacrifice suprême.
2) -Défendre notre droit à la vie, notre droit à l’existence en tant que peuple et le crier haut et fort à la face du monde entier, ainsi qu’à la face de ce pouvoir qui se comporte en Kabylie comme une force d’occupation, bafouant nos droits depuis 1962.
Même si, pour principales revendications, il n’y avait que la « plateforme d’El-Kseur » avec ses 15 points, il n’empêche que parmi ces derniers, il y en avait qui étaient complètement nouveaux comme le départ des gendarmes de la Kabylie, le jugement des assassins, le transfert du pouvoir exécutif aux instances démocratiquement élues, et un plan socioéconomique d’urgence pour la seule Kabylie. Ceci mérite d’être mis en relief du fait que jusque-là, la seule revendication qui nous préoccupait était celle de « tamazight langue nationale et officielle ».
Il est vrai aussi que, 9 jours auparavant, la revendication autonomiste était née dans le feu des événements sanglants du « Printemps Noir », le 5 juin 2001.
Pour première parade contre cette marche, Bouteflika et son ministre de l’intérieur, M. Zerhouni, avaient fait relâcher, des prisons algériennes, des milliers de criminels qui, pour gagner leur liberté, devaient agresser sauvagement les marcheurs de la dignité kabyle. Ce qu’ils firent.
Pour deuxième parade, les médias acquis au pouvoir devaient traiter les Kabyles de « hordes de sauvages », de « hordes de Tatares » déferlant sur Alger.
La notion d’unité nationale que le pouvoir algérien avait toujours instrumentalisée contre la différence identitaire kabyle venait d’être mise à mal et foulée aux pieds par son propre manipulateur. Il a prouvé que ceux qui faisaient peu cas de l’unité nationale étaient non pas les « séparatistes kabyles » mais bel et bien les tenants du pouvoir algérien dès lors que leurs intérêts étaient un tant soit peu menacés.
Cette marche du 14 juin 2001 est l’acte par lequel la nation kabyle fit la démonstration irréfutable de son maturité.
9 ans plus tard, la Kabylie a tourné la page de ses errements identitaires et politiques et s’assume désormais comme le seul acteur de son destin. Le Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) dont elle vient de se doter, même en exil, se veut l’incarnation de sa volonté, de sa dignité et de sa liberté. Aujourd’hui, tous les espoirs sont permis.
Paris, le 14 juin 2010
P/ Le GPK, son président, Ferhat Mehenni
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