Devoir de vacances au président de l’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 25 Juillet 2010 08:19


ANAVAḌ AQVAYLI UΣḌIL
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE

Devoir de vacances au président de l’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne

A l’occasion de son discours de clôture de la session de printemps, le 22 juillet dernier, le Président de l’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne, A. Ziari, a tenté de diaboliser les visée autonomistes du MAK, du Gouvernement Provisoire Kabyle, l’Anavad et de son Président Ferhat Mehenni.

Est-il surprenant, dans un pays où le système éducatif est en complète déliquescence, où la formation professionnelle reste une notion abstraite, où le système universitaire est tombé en dessous du niveau de l’indigence, que le Président de l’assemblée ne sache rien des notions les plus fondamentales du droit ?

Est-il étonnant, dans un pays qui subventionne et finance à tour de bras mosquées et autres édifices islamiques, où la priorité reste l’installation de plus de 150 imams fondamentalistes pour "rééduquer" la Kabylie, que le Président de l’assemblée populaire nationale ressorte les plus vieilles antiennes et les mensonges les plus éculés concernant la Kabylie ?

Il est certes difficile quand on n’a pas été baigné dans une culture de tolérance, d’accueil, d’ouverture et de respect, de comprendre le combat des militants kabyles engagés en faveur du droit le plus fondamental qui est l’aspiration pour tout peuple à s’autogouverner et à choisir son propre modèle politique, économique, social et idéologique. Il est beaucoup plus simple effectivement de déclarer que c’est la main de l’étranger qui est sans cesse derrière la moindre revendication émanant de la Kabylie.

Ces arguments surranés n’enlèveront rien à la réalité de la Kabylie, stigmatisée de tout temps et niée dans son existence par le pouvoir algérien depuis 1962. C’est également ce type de déclaration dangereuse qui participe à la radicalisation des discours et pousse à l’imploser du pays.

La Kabylie a une très forte identité et le peuple kabyle veut s’autogouverner loin de ceux qui le répriment, tuent ses enfants, brûlent ses oliveraies, sabotent son économie et lui envoient des bataillons de soldats et de salafistes.

Le président de l’assemblée était resté muet en 2001 quand le bras armé du régime d’Alger tirait à balles réelles sur les jeunes manifestants kabyles. Aussi, les Kabyles ne lui reconnaissent aucun droit sur les aspirations légitimes et profondes de notre nation, lui qui préside une assemblée croupion qui s’affiche comme le symbole même du déni de démocratie en Algérie. Il a par ailleurs cautionné le viol d’une constitution, en volant la vedette aux républiques bananières, instituant une grotesque présidence à vie de l’Algérie. Masquer ainsi son incompétence, sa compromission et sa trahison des principes fondateurs de la République en invoquant le peuple algérien "uni" derrière des corrompus n’est en réalité qu’un acte de diversion.

L’avenir lui montrera très vite à quel point la voie de la libération et l’émergence d’une nation kabyle est « crédible » tant elle va dans le sens de l’Histoire.

Vive la Kabylie libre.
Vive le peuple kabye.

Paris, le 24 juillet 2010.

Le Porte-parole du Gouvernement

Makhlouf Idri